Cap’ de devenir pigiste? Margaux Bergey à Beyrouth (1/4)

DISCLAIMER: reçues par mail pour des raisons géographiques bien évidentes, les réponses de Margaux Bergey ont été laissées telles quelles. Mes seules contributions éditoriales se limitent aux passages mis en gras, et aux Gifs.

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Margaux Bergey – Beyrouth

1/ Partir

Avant de partir au Liban, j’ai fait un stage à l’agence Capa jusqu’à octobre 2012. Pas de contrat à la clé malheureusement, et je n’ai trouvé de CDD nulle part. J’ai un peu pigé mais comme je ne restais pas à long terme, c’était assez difficile de trouver des collaborations régulières. Depuis l’été 2012 je prévoyais de retourner à Beyrouth. J’avoue que j’ai donc assez peu cherché en France et que je me suis concentrée sur la préparation du départ.

Devenir pigiste : je n’y pensais pas en dernière année de master. Je pensais que j’allais finir dans une rédac web. Et puis j’ai fait un stage dans une rédac web, j’ai chialé tellement j’ai souffert et détesté ce mode de fonctionnement. Le poulet en batterie à bâtonner de la dépêche, ce n’est pas moi. J’étais lobotomisée, je ne réfléchissais plus.

Puis je suis partie au Liban en césure : révélation divine sur le plan professionnelle, “je veux être pigiste au Moyen-Orient” et personnelle “j’ai trouvé mon pays d’adoption, où je me sens chez moi“. Face à ce double combo, je suis de retour après en avoir bavé encore 6 mois à l’EDJ.

2/ La préparation

Je me suis préparée en envoyant des mails à beaucoup de rédacs pour leur dire “coucou, je pars au Liban, ça vous intéresse?“. Je me suis pris quelques oui, et beaucoup de vents dans la tronche. Je suis partie sans avoir vendu de sujets, mais avec quelques contacts pour être correspondante, notamment LCI. J’avais aussi quelques idées de sujets en tête avant d’arriver. Je suis partie avec mon mac et final cut dessus, mon Nikon D7000 et 30 kilos de fringues, sacs et chaussures parce qu’on ne peut pas être mal habillée à Beyrouth ^^. Et pas mal de bouquins aussi 😉

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Attention si vous êtes dans le même avion que Margaux

3/ L’arrivée

Ah l’arrivée! Retrouver Beyrouth, appeler les gens pour dire que j’étais de retour, revoir les endroits familiers, découvrir les nouveaux bars, et rencontrer les nouvelles têtes. A côté de ça, j’ai mis 2 semaines à trouver un appart.

Côté boulot, c’est le stress permanent, et c’est ça qui est le plus dur : “est-ce que ça va marcher?” et “comment je vais payer mon loyer? Bordel il faut que je vende, j’en ai marre des rédacs qui ne répondent pas et ces buses ne m’ont pas encore payé” : voilà le résumé de la situation certains jours. Et d’autres c’est “oooh il est trop sympa ce red chef j’ai envie de lui faire un câlin“.

Après oui, j’ai eu quelques coups de chances : vendre un 7 minutes à France 3, partir en Jordanie et faire un reportage sur le camp de Zaatari, tourner un sujet à Tripoli entre 2 rafales de kalachs… etc. A Beyrouth, il faut aussi faire avec le nombre importants de pigistes : nous sommes nombreux, il ne faut donc pas empiéter sur les plates-bandes des autres. Etre en concurrence ne sert à rien, on est plus forts en s’entraidant. En tout cas, on aimerait bien que les médias français s’intéressent un chouïa plus à notre bled (chers red chef, si vous nous lisez…) 🙂

Après cinq mois, le bilan est tout de même positif : j’ai vendu des reportages que j’estime de qualité, bien qu’il reste de très gros progrès à faire (je ne suis diplômée que depuis un an), dans un laps de temps assez court. Je pense être sur une bonne lancée. Et surtout, je me sens plus épanouie ici, avec le métier que je fais et les sujets que je traite, qu’en France. Je me plais énormément au Liban, même si ce pays est parfois désespérant sur beaucoup d’aspects. J’ai créé un lien affectif très fort avec ce pays : c’est un peu irrationnel, je t’avouerai que j’ai du mal à l’expliquer. Et pouvoir aller à la plage le dimanche, quel pied!

4/ Revenir

Le terme “rentrer en France” a été banni de mon vocabulaire. Si ça foire, je change de métier mais je reste dans la zone. Je ne vais pas dépenser de l’énergie à me faire un réseau et un solide bagage de connaissances sur la région pour tout laisser tomber. Le Moyen-Orient a un potentiel énorme, il est très dynamique et on fait confiance aux jeunes. Donc la France, c’est pendant les vacances pour boire du vin avec les copains et la famille et manger du fromage qui pue 😉

Contacter Margaux Bergey: margaux.bergey@gmail.com
Son blog: libanaiseries.com

Cap’ de devenir pigiste?

– A Jérusalem avec Pépito Anonymo

– A Paris avec BL

– A Rio avec Aglaé de Chalus

– Aux Philippines, avec votre dévouée

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