Cap’ de devenir pigiste? Noémie Borie à Paris (4/4)

DISCLAIMER: reçues par mail pour des raisons géographiques, les réponses de Noémie Borie (pseudonyme) ont été laissées telles quelles. Mes seules contributions éditoriales se limitent aux passages mis en gras, et aux Gifs.

1/ Partir

J’ai décidé de devenir pigiste pour revenir à mes aspirations personnelles quand j’ai voulu devenir journaliste : écrire de longs articles, faire du reportage de terrain, rencontrer des gens “en vrai”, prendre le temps de comprendre un sujet et de bien l’écrire (avec une accroche, une chute, etc.).

Avant d’être pigiste (mais je suis aussi en CDD ailleurs pour le moment ce qui facilite ma situation car j’ai un salaire fixe en plus #confessions) j’étais en CDI au sein d’un site d’information. Je n’étais pas très bien payée et surtout, je n’écrivais quasiment plus. J’écrivais plusieurs petits articles sur des “buzz” de l’Internet, en faisant des “mixes” de dépêches ou des papiers des sites d’infos concurrents. Très peu d’analyse, quelques interviews par téléphone, mais jamais de terrain. Et des articles ne dépassant pas les 3000 signes.

L’élément déclencheur : quand le site est quasiment tombé à l’eau, que je n’écrivais que 1 à 2 articles pas très glorieux par semaine, et ai failli être “reconvertie” en éditrice digitale (ne plus faire que de l’édition d’article : copier / coller des articles print pour les envoyer sur le web, d’un grand magazine) et community manager.

Quand j’ai dû faire la promotion sur Facebook d’un article de ce magazine écrit par un confrère, je me suis dit “c’est absurde, on a fait les mêmes études, on a les même capacités intellectuelles. Je me retrouve à promouvoir son papier, pourquoi je deviendrais pas pigiste comme lui, pour à mon tour écrire de long papier pour le print ?”.

L’idée, c’était aussi d’être enfin libre : pouvoir écrire pour plusieurs médias différents, sur plusieurs sujets, faire du terrain, faire du long papier, et enfin, vraiment écrire. Ne pas faire de simples synthèses de dépêches ou d’études scientifiques débiles parues sur des sites américains de “buzz”…


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2/ La préparation

J’ai assuré mes arrières en trouvant un cdd dans un magazine à côté. Ensuite, je suis allée frapper à plusieurs portes. J’ai proposé plusieurs sujets, régulièrement. J’ai commencé à écrire des piges avant même de quitter mon précédent emploi. J’ai été boire des cafés, j’ai appelé directement les rédactions. parfois, j’y ai été au culot. Surtout, mon principal “client” pour le moment, c’est le magazine pour lequel je bossais avant, mais en tant qu’éditrice digitale et community manager. Je suis allée les voir pour leur dire “je m’en vais. Je deviens pigiste. En fait, je suis avant tout journaliste et je sais écrire. Tenez, voici 5 idées/synopsis”.

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2/ L’arrivée

Au début, c’est dur car on peut avoir, pour 10 propositions, 10 refus (même si polis et gentils). C’est à ce moment là qu’il faut pas se décourager et proposer un 11e sujet. Et là, le sujet finira par être accepté. Il faut être très patient. Et avoir un moral d’acier. Il ne faut pas se contenter de trouver de “supers sujets”, mais penser aux sujets qui peuvent intéresser telle ou telle rédaction, et aux angles correspondant à telles ou telles rédactions.

Ce qui est dur aussi, c’est le calme plat ou les refus/non réponses pendant plusieurs jours/semaines, et tout d’un coup, 6 sujets compliqués et différents qui tombent en même temps… En plein vos vacances ou à rendre pour dans deux jours ! En résumé, il faut être solide, confiant, et flexible ! Mais on s’éclate à faire des sujets qui nous plaisent vraiment, on se sent libre, et on fait enfin ce qu’on aime ! Ce sont de vrais challenge à accepter mais avec un peu d’organisation, on s’y retrouve, on y arrive, et on aime son métier !

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3/ Quitter la France?

J’imagine que si j’avais l’opportunité de partir à Rome par exemple (je suis fana de Rome et de l’Italie) j’irai, même si parfois je me dirais “ma famille, mes amis, mon copain me manquent, c’est dur, je galère un peu, ma situation est pas stable”. Mais au fond de moi je saurai que j’aurais tout fait pour réaliser un rêve et que c’est le moment de le faire. Que rien ne m’empêchera de revenir plus tard. Que ici au moins, je fais ce que j’ai toujours rêvé de faire et que ça paiera même plus tard, à mon retour en France.

De façon plus concrète, je ne regrette (pour l’instant) pas une seule fois d’avoir quitté mon CDI où j’étais beaucoup moins bien payée, où l’ambiance de travail était atroce et où j’étais hyper frustrée car je faisais tout, sauf du journalisme, au sens où je l’entends de mon côté.

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Cap’ de devenir pigiste?

– A Beyrouth avec Margaux Bergey

– A Jérusalem avec Pépito Anonymo

– A Rio avec Aglaé de Chalus

– Aux Philippines, avec votre dévouée

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