Cap’ de devenir pigiste?

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Un superbe appart parisien, des amis et un petit ami rigoureusement sélectionnés parmi les meilleures personnes du monde, des CDD bien payés qui se multiplient à l’AFP…

Pourquoi tout quitter pour devenir pigiste à l’autre bout du monde, dans un pays où, certes, les policiers pleurent mais qui reste tout de même l’un des plus dangereux au monde pour les journalistes?

On va poser la question autrement.

Pourquoi rester à Paris dans un bureau avec néon en guise de soleil, et combiné téléphonique en guise de vrais-gens à interviewer?

Pourquoi avoir une routine métro-boulot-dodo lorsqu’on a décidé de devenir journaliste pour troquer ce quotidien avec passion-découverte-insomnie?

Pourquoi chercher le confort et la sécurité d’un CDI lorsque l’on a que 24 ans, et nulle bouche à nourrir si ce n’est la sienne?

Pourquoi ne pas quitter ce néon, cette routine, ce confort pour la liberté, l’excitation et la galère de piger dans un pays où l’on ne connaît rien ni personne?

Si vous m’avez déjà rencontrée sur le net ou dans la vie, vous devez sûrement savoir que je suis habituellement plus portée sur les babouchkas, les ours bien poilus et les hommes de pouvoir un peu costauds, comme Ramzanou et Poutinou. Alors quel fil rouge entre ma passion pour la Russie et mon départ aux Philippines, si ce n’est celui qui retient le bermuda du touriste russe?

Une raison bien pragmatique: devenir pigiste en Russie, requiert de l’expérience et la confiance des rédactions. Avec à peine deux ans de journalisme à mon actif, certes dans la meilleure-agence-du-monde (on est corporatiste ou on ne l’est pas), il était illusoire de penser m’installer à Moscou avec pour seules armes mon titre de pigiste. Car si aux Philippines, on peut prendre le temps de s’établir, de tâtonner, de chercher de bons sujets, en Russie c’est impossible: pour des raisons de visa, mais surtout d’argent.

Comme banc d’essai pour ma future installation moscovite, les Philippines présentent moult avantages: 1/ La Croix y cherche une correspondante-pigiste 2/ côté piges, zéro concurrence car le seul correspondant sur place ne se dédie qu’à la radio 3/ le coût de la vie plutôt faible qui permet l’équation suivante:

une pige publiée dans La Croix = loyer payé

deux piges = loyer payé, estomac nourri

trois piges = loyer payé,  estomac nourri ET budget mojito bouclé pour le mois.

Sans oublier cet argument massif, réalisé sans filtre instagram et sous contrôle d’huissier:

Le climat, qui permet d’avoir son quota de soleil pour la vie avant d’aller s’enterrer sous la neige (ne prenez pas vos billets tous en même temps)

Pour ceux qui continuent de penser que je suis toujours folle de partir, apprenez que je ne suis pas la seule à me laisser tenter par le concept du départ. La fameuse tribune de Jeunes de France, barrez-vous, c’est notre cri du coeur: quittons la morosité d’une France au chômage désespérant, rendez-vous dans les nouveaux eldorados économiques. Selon une récente étudie, je fais partie des 27% qui décident de partir aujourd’hui pour mieux compter demain dans une France qui ne les calcule plus.

La fuite des cerveaux, c’est aussi la fuite des plumes. Comme moi affamés d’expérience et de terrain, Margaux Bergey, Aglaé de Chalus, Noémie Borie et Pepito Anonymo se sont installés à Beyrouth, Rio et Jérusalem.

Du coup, je leur ai posé toutes les questions qui me turlupinaient. Comment se prépare-t-on pour devenir pigiste? Est-ce se condamner à manger des pâtes? Et surtout, est-ce qu’on le regrette? (spoiler: non)

Si vous êtes un wannabe pigiste, qui hésite encore dans son bureau climatisé, eh bien, cela achèvera peut-être de vous convaincre qu’à 25 ans, on est bien trop jeune pour abandonner ses rêves.

Tapotez de votre souris sur les liens ci-dessous pour obtenir leur témoignage.

BEYROUTH – MARGAUX BERGEY (où l’on apprend que le coup de foudre pour un pays, ça existe)

RIO DE JANEIRO – AGLAE DE CHALUS (qui nous affirme qu’il faut absolument goûter l’abacaxi com hortela)

JERUSALEM – PEPITO ANONYMO (selon lequel, un bon pigiste voyage léger et ne s’encombre que de son anonymat)

et parce qu’on peut aussi être pigiste à PARIS, en bonus, le témoignage de NOEMIE BORIE.

Nul prosélytisme pro-pigisme ici, mais une envie de dire à ceux qui hésitent que oui, c’est possible, et que même si c’est galère, on arrive toujours à se débrouiller tant qu’on garde le moral. Pour cela, une seule solution: s’installer dans une ville proche de la plage. Chers amis, c’est peut-être mon seul conseil à retenir.

Article écrit sur le balcon au 19e étage d’un condominium à Taman Melati, Kuala Lumpur. Grand soleil, belle vue, thé gentiment proposé par mon CouchSurfer, un ancien mercenaire malais sur lequel j’ai tant de choses à vous raconter. 

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