Reportages en Russie – 2014

En Russie, les “zatseperi” courent sur les toits des trains pour braver l’ennui

MOSCOU – Depuis ses dix ans, Sacha prend le train une à deux fois par jour pour parcourir la banlieue de Moscou. Mais au lieu de s’asseoir avec les autres passagers, le jeune homme préfère monter courir sur le toit des wagons, à parfois plus de 100 km/h.

Comme lui, de plus en plus de jeunes Russes, surnommés les “zatseperi” (les “surfeurs”), risquent leur vie en escaladant les trains de banlieue, bravant intempéries et vitesse pour un peu d’adrénaline et le plaisir d’un pied de nez aux autorités.

“Je ne compte plus les kilomètres parcourus sur les toits des trains. Quand j’ai commencé, je +surfais+ tous les jours, toutes les nuits, je n’allais plus à l’école”, raconte Sacha.

Lire la suite dans La Dépêche.

Des "zatseperi" russes

           

L’armée russe victime de la passion de ses soldats pour les réseaux sociaux

La passion des soldats russes pour les réseaux sociaux met Moscou dans l’embarras: un militaire russe a posté sur Instagram deux photos affichées comme géolocalisées en Ukraine, et d’autres ont multiplié les commentaires sur internet laissant entendre que leurs unités seraient intervenues contre l’Ukraine en dépit des dénégations officielles.

Alexandre Sotkine, 24 ans, a posté sur Instagram une série de photos géolocalisées dans le village de Volochino, dans le sud de la Russie, où son unité militaire semble être stationnée, avant d’en poster deux autres, le 5 et 6 juillet, géolocalisées à dix kilomètres de là… en Ukraine.

Révélée par le site d’informations américain BuzzFeed, la géolocalisation de ces deux “selfies” – accompagnés des mots clés “armée” et “exercices2014” – pourrait être la preuve que l’armée russe a franchi la frontière russo-ukrainienne, malgré les démentis du Kremlin.

Lire la suite dans La Presse.Capturesoldat

 

Avec la crise monétaire en Russie, la tentation du départ pour les étrangers

Olivier, trader français dans une grande banque russe, et Joy, femme de ménage philippine à Moscou, ont les yeux rivés sur le cours du rouble depuis plusieurs semaines. Et l’effondrement de la monnaie russe cette semaine a achevé de les convaincre de quitter la Russie, eldorado perdu.

Le phénomène n’est pas quantifiable et rien n’indique un exode massif des étrangers travaillant en Russie et payés en roubles. Mais beaucoup évoquent au moins la tentation de partir.

“Quand je suis arrivée en avril, j’étais payée 1.500 roubles, soit 42 dollars, pour quatre heures de ménage. Aujourd’hui, pour le même travail, je ne reçois plus que 20 dollars”, explique Joy, 28 ans.

Cette jeune Philippine a laissé ses trois enfants à Manille, quittant son pays, l’un des plus pauvres d’Asie du Sud-Est, pour tenter de mieux gagner sa vie en Russie.

Lire la suite dans Le Point.

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Une “nouvelle vie” pour les réfugiés ukrainiens en Russie

“Le bus pour Irkoutsk part dans une heure, n’oubliez pas de préparer vos affaires dès maintenant”. Dans le camp russe de réfugiés de la localité de Donetsk, à quelques kilomètres de la frontière russo-ukrainienne, un message diffusé par hauts-parleurs rappelle aux réfugiés que leur “nouvelle vie” va bientôt commencer.

“Les réfugiés ont le droit de rester dans le camp trois jours. Ensuite, ils doivent partir: soit de leur côté, soit à Irkoutsk (sud de la Sibérie NDLR), Tchéliabinsk (Oural), Vladimir (nord-est de Moscou), Oufa (région de la Volga)… et d’autres villes russes qui ont accepté de prendre un quota de réfugiés ukrainiens”, explique le major Likhova, représentant du ministère russe des Situations d’urgence (MTchS) sur place.

Alexandre, 73 ans, fait partie de ceux qui ont décidé de partir pour Irkoutsk, où les autorités ont promis d’assurer à sa famille un logement et à ses deux neveux un travail.

“Vous vous rendez compte, il y a deux jours, je déjeunais à Lougansk, dans l’appartement où je suis né. Et maintenant, cet appartement n’existe plus, il a été détruit, et moi je dois recommencer à mon âge une nouvelle vie à Irkoutsk”, répète-t-il en boucle.

Lire la suite sur le fil AFP.

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En Russie, la meute des Loups rugit à moto pour la patrie

Blousons en cuir et cheveux longs, il n’est pas rare d’entendre dans les rues de Moscou rugir les énormes motos des Loups de la Nuit, le plus grand club de motards russes. Mais derrière son apparence rebelle, la meute roule pour la patrie.

“Nos valeurs sont très simples: aimer sa patrie, avoir la foi et ne pas faire usage ou vendre de drogues”, résume Alexandre Beniouchtch, le vice-président de ce club dont le président Vladimir Poutine considère les membres comme ses “frères”.

Les Loups de la Nuit, reconnaissables à leurs grosses cylindrées tunées, refusent pourtant catégoriquement d’être appelés “bikers” comme leurs homologues motards américains, les Hell’s Angels.

“La vie d’un biker est asociale: c’est +buvons de la bière, cassons de la vaisselle et si quelqu’un n’est pas content, alors frappons+”, lance Alexandre, qui a rejoint le club il y a 20 ans. “Ils se croient supérieurs à la société et ont le culte de la violence. Ce n’est pas notre philosophie, nous n’utilisons la violence qu’en dernier recours.”

Lire la suite dans Le Nouvel Obs.

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Pour les Ukrainiens réfugiés en Russie, les législatives de dimanche “n’existent pas”

“Quelles élections ukrainiennes? Nous voterons le 2 novembre, pas avant”. Comme Pavel, des milliers d’Ukrainiens réfugiés en Russie boudent les élections législatives de dimanche mais attendent avec impatience celles organisées dans les républiques séparatistes autoproclamées de l’est de l’Ukraine.

A Krassni Dessant, une colonie de vacances à quarante kilomètres de la frontière russo-ukrainienne qui accueille actuellement plus de 300 réfugiés, le ton monte vite lorsque l’on évoque les législatives anticipées organisées dimanche par les autorités de Kiev.

“Comment le pouvoir de Kiev ose-t-il organiser des élections alors qu’il bombarde la moitié du pays?”, s’indigne Pavel, 46 ans. “Jamais, jamais, je ne voterai pour ceux qui essaient de nous tuer”.

Anastasia, juriste de 37 ans et ancienne combattante aux côtés des rebelles, est encore plus virulente: “Ils veulent mon vote? C’est un coup de fusil qu’ils méritent!”

 Lire la suite sur Yahoo News.

 

Tour de vis sur l’internet russe en pleine crise ukrainienne

La Russie a bloqué l’accès au blog de l’opposant Alexeï Navalny et à trois des principaux sites internet critiques envers le Kremlin, une initiative dénoncée par certains comme visant à verrouiller l’information sur l’Ukraine.

L’autorité de contrôle des médias, Roskomnadzor, a bloqué jeudi soir l’accès aux sites Grani.ru, EJ.ru et Kasparov.ru, fondé par le champion d’échecs et opposant Garry Kasparov, pour “incitation à des activités illégales et à participer à des rassemblements de masse qui violent l’ordre public”. Les faits reprochés n’ont pas été précisés.

“C’est la façon la plus directe de verrouiller la communication sur les évènements en Ukraine”, a estimé Alexandre Podrabinek, journaliste à Grani.ru. “Toute aggravation de la situation internationale incite le pouvoir à faire preuve de davantage d’autoritarisme”, a-t-il ajouté.

Le blog de l’opposant Alexeï Navalny était lui aussi inaccessible vendredi: en résidence surveillée depuis le mois dernier, il a alimenté son blog alors que cela lui était interdit, a expliqué Roskomnadzor.

Cet opposant farouche à Vladimir Poutine dénonçait mercredi dans son blog la politique du Kremlin en Ukraine, mettait en doute la légitimité du référendum organisé dimanche en Crimée, et faisait l’inventaire des conséquences néfastes qu’aurait pour le pays le rattachement de ce territoire.

Lire la suite dans Le Point.

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A la frontière russe, onze Ukrainiennes bloquées par le convoi humanitaire

“Vous savez pas quand il passe, le convoi? Tant qu’il ne passe pas, on ne nous laissera pas passer”. Depuis cinq jours, Olga et dix autres Ukrainiennes attendent que leur car, stationné à deux pas du poste-frontière russe de Donetsk, puisse rejoindre leur ville natale, Lougansk.

“Nous aussi on est un convoi humanitaire. On apporte du pain, du lait, des médicaments à nos familles qui sont sous les bombes”, explique Irina, la cadette du groupe, qui s’est donné pour mission de retrouver ses grands-mères dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis un mois.

Parti mercredi soir de Moscou, le car des onze femmes devait rejoindre jeudi soir Lougansk, bastion des séparatistes prorusses encerclé par l’armée ukrainienne, mais il n’a pas pu aller plus loin que Krasnodon, ville de la région de Lougansk à une vingtaine de km de la frontière.

Lire la suite dans La Libre Belgique.

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Attentat, combats dans le Caucase russe: craintes d’un nouveau cycle de violences

Attentat suicide à Grozny, combats au Daguestan: la rébellion islamiste, sur le déclin ces dernières années, a refait irruption dans le Caucase russe, notamment en Tchétchénie que les rebelles islamistes quittent pour combattre en Syrie dans les rangs de l’organisation de l’Etat islamiste.

Dimanche, alors que des milliers de Tchétchènes s’apprêtaient à célébrer l’anniversaire de Grozny, la capitale de la Tchétchénie, un jeune homme de 19 ans a déclenché la bombe cachée dans son sac, tuant cinq policiers et blessant douze personnes à l’entrée d’une salle de concert. 

Cet attentat suicide a été suivi par l’annonce lundi de la mort de sept rebelles islamistes et de deux policiers dans des combats dans la république voisine du Daguestan. 

Ces incidents ont ravivé les craintes d’un nouveau cycle de violences dans le Caucase du nord, théâtre de deux guerres de Tchétchénie dans les années 1990 puis au début des années 2000.

Lire la suite dans 45e Nord.

Poutine

Dans les couloirs de la conférence antitabac, le lobby des cigarettiers

La conférence internationale sur la lutte antitabac organisée cette semaine à Moscou a livré un autre combat en coulisses: se protéger de l’industrie du tabac, exclue des discussions, mais qui tente dans l’ombre d’infléchir les débats.

Depuis lundi et jusqu’à samedi, les délégations de 195 pays planchent sur des directives et recommandations de nature à améliorer la lutte contre le tabac.

La directrice de l’OMS, Margaret Chan, a fixé dès le départ le cadre des débats et a mis en garde contre la présence de l’industrie du tabac.

“Les cigarettiers insistent pour faire partie intégrante du débat afin d’apporter des solutions (…) mais octroyer une place à l’industrie du tabac reviendrait à demander à des renards de s’occuper de vos poules”, a-t-elle averti. “Ne les laissez pas vous séduire”.

Si officiellement, aucun représentant d’un groupe de cigarettiers ne peut participer aux débats, cela ne veut pas dire que des lobbyistes protabac ne sont pas présents, dans les couloirs, le hall de l’hôtel, à l’affût d’un délégué à convaincre de ne pas voter les mesures antitabac.

Lire la suite Le Parisien.

MoscowParis

 

 

Ces reportages ont tous été réalisés pour l’AFP au cours de l’année 2014. Les photos proviennent de mon Instagram.

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