Reportages en Russie – 2015/2016

En Russie, les victimes des radiations de Tchernobyl “abandonnées” par l’Etat

“On nous a abandonnés. Il n’y a plus de docteurs, plus d’hôpitaux. Et bientôt, plus de médicaments.” A 70 ans, Anna Vendarenko s’inquiète: 30 ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, l’Etat russe va couper ses subventions aux victimes des radiations.

Jusque là considéré comme “zone interdite”, son village de l’ouest russe, Starye Bobovitchi, que les habitants ont refusé d’évacuer, a vu son niveau de radioactivité abaissé par décret présidentiel.

Conséquence pour sa population: l’aide financière de l’Etat, qui consiste en subventions pour les frais médicaux, en séjours en sanatoriums pour les enfants ou encore en programmes sociaux-économiques, va baisser drastiquement.

Pourtant, le niveau de radioactivité de la zone n’a que légèrement diminué depuis l’explosion de Tchernobyl, le 26 avril 1986, assure Alexeï Kisselev et Rachid Alimov, spécialistes de la radioactivité pour l’ONG Greenpeace.

Dosimètres à la main, ils mesurent le niveau des particules radioactives présentes sur la place principale du village. “1,7 microsieverts par heure (mkSv/h)… C’est plus de trente fois la dose maximale recommandée”, s’étonne Rachid. “Il faudrait mieux ne pas s’attarder. Dire que des gens habitent ici”, soupire Alexeï.

Lire la suite Atlas Info.

Novozybkov

 

A l’académie du Ballet du Bolchoï, les petits rats russes rêvent de se transformer en étoiles

Dans leurs justaucorps couleur lavande, douze fillettes aux chignons identiques enchaînent les arabesques. Avec à chaque mesure l’espoir d’intégrer le Bolchoï, scène mythique de la danse russe.

Une cour carrée un peu triste, de grandes salles claires et des couloirs qui n’en finissent plus, où des danseuses bavardent en position grand écart: bienvenue dans la fabrique des petits rats russes, l’académie du Ballet du Bolchoï.

Fondée en 1773 par l’impératrice Catherine II, elle a vu défiler des dizaines de générations de danseurs et danseuses sans jamais se départir de son prestige: la prima ballerina Maïa Plissetskaïa y a étudié, comme Maris Liepa, Igor Moïsseïev…

“Notre école est dépositaire d’une grande tradition”, explique à l’AFP le professeur Valeri Anissimov, responsable d’une classe de huit étudiants “à haut potentiel”.

“Nous préparons nos élèves à intégrer le monde classique du théâtre”, précise-t-il. “Nous leur apprenons les petits secrets du ballet russe, notre technique est un peu plus rigoureuse” qu’ailleurs, ajoute-t-il avec un sourire malicieux.

Lire la suite Le Point.

Ballerines

 

Fini la vodka: à Moscou, la bière artisanale “made in Russia” fait de nouveaux adeptes

Pas facile de trouver le Garden Beer: au fond d’une cour, entre deux monticules de neige, le bar réunit une clientèle de jeunes hipsters moscovites à qui il propose plus de 60 marques de bières artisanales “made in Russia” et pour la plupart… clandestines.

Les barbes sont élégamment taillées, les tatouages sont savamment décalés et les bouteilles de bières ont un design léché.

“On en a assez que les gens perçoivent la Russie comme un pays d’alcooliques”, confie à l’AFP un des clients, Pavel. “D’accord, les vieux boivent encore de la vodka, mais nous, les jeunes, on préfère boire de la bière de qualité”.

Les chiffres le confirment: en 2015, sept Russes sur dix privilégient la bière et un seul opte pour une bouteille de vodka, selon le service des statistiques Rosstat.

“A Moscou, chaque jour ou presque, un nouveau bar de bière artisanale ouvre. Et il existe déjà plus de 1.000 microdistilleries”, remarque Natalia Petrova, à la tête du magazine référent du secteur, Real Brew.

Lire la suite Le Nouvel Obs.

MoscowTimeOut

Paradis fiscaux: un ami violoncelliste au centre des montages financiers du clan Poutine

Il est l’ami de Vladimir Poutine, le parrain de l’une de ses filles et violoncelliste au théâtre Mariinski. Mais depuis 24 heures, Sergueï Roldouguine est surtout accusé d’être au centre d’un complexe système de sociétés-écrans de proches du président russe, selon le journal indépendant Novaïa Gazeta.

En fouillant parmi les 11,5 millions de documents divulgués par le site du Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ), Novaïa Gazeta dit pouvoir retracer les montages financiers ayant permis à des proches du président russe de cacher jusqu’à deux milliards de dollars dans des paradis fiscaux.

Ami de jeunesse de Vladimir Poutine, Sergueï Roldouguine, 64 ans, fait office de prête-nom dans cette nébuleuse de sociétés-écrans gérées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca, d’où les documents ont fuité.

Sonnette Overseas Inc. (SOI) et International Media Overseas (IMO), deux sociétés dont Sergueï Roldouguine est propriétaire à 100%, ont ainsi racheté d’immenses pans de l’économie russe à travers d’autres compagnies offshore, par un savant jeu de poupées russes, d’après Novaïa Gazeta.

Lire la suite L’Expansion.

Poutine

Catastrophe minière en Russie: des proches dénoncent des manquements à la sécurité

Au lendemain d’une catastrophe minière ayant fait 36 morts dans le Grand Nord russe, les proches des victimes accusent la direction de la mine d’avoir fermé les yeux sur les risques encourus par les mineurs en raison d’un niveau de méthane élevé.

“Mon père revenait chaque jour à la maison en me disant que le niveau de méthane était trop élevé”, raconte sur les réseaux sociaux Daria, fille de Viatcheslav Triassoukho, l’un des mineurs tués jeudi. “Mais la direction de la mine a fermé les yeux et laissé les mineurs travailler malgré tout”, assure-t-elle.

Jeudi, deux explosions dans la mine Severnaïa, située à 100 km au nord du cercle polaire, près de la ville de Vorkouta, ont provoqué la mort de quatre personnes. Vingt-six mineurs étaient alors pris au piège. 

Dimanche, un nouveau coup de grisou a tué six personnes, dont cinq secouristes, partis à la recherche des disparus, finalement déclarés morts peu après.

Si les causes de cet accident, le plus meurtrier du genre en Russie depuis 2010, n’ont pas encore été déterminées officiellement, les proches des victimes assurent que le niveau de méthane, dont la concentration peut être explosive, dépassait la norme acceptable de sécurité.

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iékaterinbourg

 

Dans les artères souterraines de Moscou, la mairie fait le grand ménage

On peut y acheter de la lingerie, des kiwis ou des théières: jusque-là sales et sombres, les passages piétons souterrains de Moscou ont fait peau neuve cet automne pour devenir des mini-centres commerciaux pour Moscovites pressés.

Dans le petit souterrain d’Oulitsa 1905, dans le nord-ouest de Moscou, des centaines de piétons passent chaque jour devant 20 kiosques de 8 mètres carrés chacun.

“J’y achète souvent des petits trucs pratiques pour la maison, car c’est entre mon bureau et mon domicile”, explique Marina Riabikova, 38 ans, une juriste qui se dit “débordée”.

Mégalopole de 12 millions d’habitants, Moscou est morcelée par d’immenses autoroutes et les souterrains permettent aux Moscovites de les traverser tout en se protégeant des rafales de vent glacial.

Lire la suite L’Express.

 TimeOut

L’Ukraine puis la Syrie: la Russie d’une guerre médiatique à l’autre

Sur les plateaux des télévision à Moscou, les experts de la Syrie ont remplacé ceux de l’Ukraine: avec les premières frappes aériennes russes mercredi, la machine médiatique s’est mise en marche pour tenter de convaincre les Russes, majoritairement opposés à une intervention militaire.

“Sept Russes sur huit sont contre les opérations militaires en Syrie. Mais surtout, ils ne comprennent pas ou sont indifférents à ce qui s’y passe”, explique à l’AFP Lev Goudkov, directeur du centre indépendant Levada.

Selon un récent sondage de ce centre d’étude de l’opinion publique, près de 84% des Russes reconnaissent ne pas suivre les événements en Syrie.

Pour que le Kremlin inverse la tendance et arrive à convaincre la population du bien-fondé des frappes aériennes russes en Syrie, l’information va jouer un rôle crucial, estime M. Goudkov.

Les principales chaînes de télévision, la plupart contrôlées par le gouvernement, l’ont bien compris et depuis plusieurs jours, des chroniqueurs défilent sur les plateaux pour expliquer que la Russie devait intervenir.

Lire la suite Le Nouvel Obs.

 working

Pour la Russie, la tentation d’aider la Grèce et d’infliger un camouflet à Bruxelles

A bonne distance du tumulte qui secoue l’Europe après le non au référendum en Grèce, le géant russe observe, consulte. Et réfléchit: doit-il apporter son soutien direct à Athènes et infliger un camouflet à Bruxelles avec qui ses relations sont déjà au plus bas sur fond de conflit ukrainien?

Au lendemain du référendum qui a vu 61% des Grecs rejeter les propositions des créanciers d’Athènes, le Premier ministre grec Alexis Tsipras avait appelé Vladimir Poutine.

Le président russe lui a exprimé son “soutien au peuple grec” et discuté “de plusieurs questions liées au développement de la coopération russo-grecque”. 

“Tsipras a besoin de deux à trois milliards d’euros pour rouvrir au plus vite les banques grecques: c’est pour ça qu’il a appelé Poutine”, estime Alexandre Baounov, chercheur au Centre Carnegie à Moscou et ancien diplomate russe en poste à Athènes.

Lire la suite dans Ouest France.

 oeildemoscou

S’exiler ou affronter le Kremlin: le dilemme de l’opposition russe

Confrontée à un nouveau tour de vis du Kremlin, l’opposition russe, encore sous le choc du meurtre d’une de ses figures de proue, Boris Nemtsov, hésite entre l’exil et la poursuite de la lutte au sein d’une coalition regroupant les maigres forces libérales et démocrates.

Partir ou rester ? Et pour quoi faire ? Certains opposants et journalistes indépendants, voire des rédactions entières comme celle du site internet Meduza installée en Estonie, ont fait le choix de partir.

Dernière en date: l’une des plus célèbres militantes écologistes de Russie, Evguenia Tchirikova, exilée en Estonie. La peur de voir ses enfants devenir la cible de chantages a eu raison de celle que le monde connaissait pour avoir réussi à bloquer le passage d’une autoroute au travers d’une forêt près de Moscou.

Lire la suite dans Le Nouvel Obs.

moscow

 

Sur Youtube, les “armes de propagande” virales de la Russie

Esthétique de jeu vidéo, slogans vantant le patriotisme russe et diatribes anti-américaines: les vidéos d'”Okeyamnet”, qui se présente comme un simple internaute, font un tabac en Russie mais derrière ce compte Youtube se cache une agence de communications engagée par des structures proches du Kremlin.

Dernier succès en date: la video intitulée “Je suis un occupant russe”, qui essaie de décomplexer les Russes sur leur passé impérialiste, a accumulé plus de 5,5 millions de visionnages en deux semaines.

“Oui, je suis un occupant et j’en ai assez de présenter mes excuses”, lance une voix grave alors que défilent à l’écran les cartes de l’Ukraine, des pays baltes et d’Asie centrale, qui ont fait partie de l’URSS jusqu’en 1991.

Après avoir vanté les mérites de la présence soviétique pour ces régions, le clip tance la “liberté hypocrite” et les “valeurs occidentales” en montrant une une de Charlie Hebdo ou des images de gay pride. Puis finit sur un avertissement: “Je vous le dis pour la dernière fois: ne me cherchez pas des ennuis! J’aime la paix, mais je fais la guerre mieux que quiconque”.

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vidéo

En Russie, la solidarité avec Charlie Hebdo n’est pas du goût de tous

 

“Dieu merci ! La Russie n’est pas la France”. A l’instar de la Une du quotidien proche du Kremlin Komsomolskaïa Pravda, de nombreux médias et responsables russes commencent à marquer le pas face à la solidarité mondiale que continue de susciter l’attentat contre Charlie Hebdo.

Après avoir dans un premier temps salué la marche historique organisée dimanche à Paris contre le terrorisme, certains journaux russes multiplient ces derniers jours les articles pour se désolidariser de la ligne éditoriale de cet hebdomadaire satirique français.

“Dieu merci ! La Russie n’a pas été touchée par cette épidémie”, s’est exclamé le quotidien populaire Komsomolskaïa Pravda, évoquant les manifestations de soutien à Charlie Hebdo. “Dieu merci ! Nous, nous n’offensons pas les sentiments de nos musulmans et chez nous, l’article 282 du Code pénal existe”.

Cet article, dénoncé par de nombreuses ONG comme constituant une atteinte à la liberté d’expression, condamne d’une lourde amende les individus et les médias qui se rendent coupables d'”incitation à la haine” raciale, inter-ethnique ou religieuse.

Lire la suite dans La Croix.

Charlie

 

Ces reportages ont été réalisés pour l’AFP, au cours des années 2015 et 2016. Les photos proviennent de mon Instagram.

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